Sources de documentations

Tourbillon
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Message par Tourbillon »

Le paquebot Chili (1894, 6489 tjb, 147,90 m, 6000 cv, 16 n) se couche par babord contre le quai à Bordeaux dans la nuit du 23 au 24 avril 1903 à la suite d'une voie d'eau. Gîte de 26 °. Remis à flot par le navire de sauvetage Herakles de la compagnie suédoise Neptun, le 24 juillet 1903. Chili est vendu à la démolition le 26 avril 1927. Source : Commandant Lanfant, Historique de la flotte des Messageries Maritimes, Grafic Photo, 1979.
En citant le vapeur Herakles, on entre dans le domaine des navires de sauvetage et des compagnies spécialisées, tel Sviter, au Danemark, qui comptait en 1927, 13 unités, 68 pompes, représentant un débit total de 32 250 t à l'heure. Le navire de sauvetage E.M. Svitzer (1885, 700 cv) disposait de 7 pompes à vapeur ou à essence de 4 950 t à l'heure. Source : Commandant Roger Lafon, A l'appel des S.O.S., Société du Journal de la Marine Marchande, 1927.
A noter que Thirion ou Worthington sont des marques de pompes passées dans le domaine courant comme Frigidaire qui est une marque de réfrigérateur.
olivier78
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Message par olivier78 »

Encore merci pour ces informations qui me sont fort utiles.

Et très intéressantes. Quelles étaient les missions de ces fameux navires de sauvetage ? Je suis très étonné de la taille de l'HERAKLES dont j'ai trouvé sur le Web quelques reproductions de cartes postales (en particulier lors de son intervention sur le Chili). On pense au renflouement bien sûr, mais pouvaient-ils intervenir sur des feux de navires par exemple ? ou des sauvetages comme peuvent en mener aujourd'hui les Abeilles ?

Bon week end

Olivier
Tout ce qui n'et pas donné est perdu
Tourbillon
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Message par Tourbillon »

Les navires de sauvetage ont été développés dès la fin du XIX siècle. Leur mission principale est de sauver des navires et éventuellement leurs cargaisons. Si le navire à sauver est sans propulsion, ils ont une capacité de remorquage. C'est le cas de l'Heraklès, dont vous voyez les arceaux de remorquage à l'arrière. Si le navire est échoué, on peut le tirer si sa flottabilité est suffisante. Il faut donc encore une capacité de remorquage. S'il faut renflouer le navire, il faut d'une part une capacité de pompage, d'autre part des moyens matériels pour obturer les brèches par lesquelles l'eau rentre, ce qui signifie, moyens de pompage fixes, mobiles, scaphandriers, ateliers de découpe, de chaudronnerie, du bois, du ciment et des quantités d'autres choses. Si le navire est coulé, il faudra aussi obturer ses ouvertures, pomper l'eau à l'intérieur, insuffler de l'air comprimé, ce qui suppose d'avoir les moyens adéquats. Dans tous les cas, il faut des mâts de charge pour manutentionner le matériel et éventuellement alléger le navire en déchargeant une partie de sa cargaison. Si l'intervention se fait sur un navire en feu, il y aussi des moyens de lutte anti-incendie. Il y a encore une capacité de fournie de l'énergie électrique, de la vapeur pour alimenter les apparaux des navires à sauver.
Pour cette activité très particulière, des compagnies ont construits des navires dédiés, pas très nombreux, coûteux et rarement utilisés, car les naufrages n'arrivent quand même pas tous les jours, aussi des dispositifs spéciaux ont été pris. La plupart du temps, ces compagnies font également du remorquage classique, portuaire et de haute mer. D'autre part, elle fonctionnent sous un régime unique, régi par une convention internationale (Bruxelles, 23 septembre 1910) fixant des règles uniformes pour l'assistance maritime. Il y a donc des conditions à respecter et le principe est le célèbre "No cure, no pay", pas de réussite, pas de paiement. En cas d'échec, la compagnie de sauvetage endosse les frais, sans aucune contrepartie. En cas de réussite, elle obtient une part de la valeur des choses sauvées, selon des conditions bien précises, avec une proportion d'autant plus élevées que le sauvetage a été difficile, mais sans que jamais cela ne dépasse la valeur des choses sauvées. Si un navire est vide, et trop abimé pour être réparé, sa valeur n'est que celle de la ferraille. S'il est chargé d'une riche cargaison, qui dépasse largement en valeur celle du navire neuf, l'opération peut-être très fructeuse. Ainsi, l'activité des navires de sauvetage est très aléatoire
Tourbillon
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Message par Tourbillon »

L'idéé est venue, copiée d'ailleurs sur la Marine de guerre, de mettre un navire en station, dans un endroit "favorable", c'est à dire proche d'un passage de trafic important et où les conditions géographiques (roches ou sable, courants) et climatiques (vent et brume) sont difficiles. Le navire de sauvetage attend son heure. En France, la première initiative civile du genre a été celle de la Société Centrale des naufragés, qui a placé en station à Royan le remorqueur Baron Léopold Davillier ((1913, 29 m, 600 cv). A la suite du naufrage du paquebot Afrique (568 victimes), une organisation de sauvetage, en partie rémunérée par l'Etat, sous l'égide de l'Union Française Maritime, a été mise en place en 1922, avec un remorqueur en station à Brest (Le Puissant, 1921, 40 m, 1000 cv), à Saint-Nazaire (L'Orage, 1921, 40 m 1000 cv), à Royan (Le Vent, 1922, 40 m, 1000 cv) et à Marseille (L'Obstiné, 1922, 40 m, 750 cv). Elle a perduré jusqu'à la seconde guerre mondiale. De 1949 à 1958, seulement à Brest, la compagnie des Abeilles du Havre a stationné l'Abeille 25, puis l'Abeille 26, uniquement pendant la saison hivernale. Des remorqueurs étrangers de différentes nationalités, présents dès 1922, ont totalement pris la relève, hollandais, puis allemands, c'est ainsi qu'en 1978, le remorqueur allemand Pacific a tenté de sauver le pétrolier Amoco Cadiz. A partir de 1979, un autre dispositif a été mis en place avec les Abeilles, d'abord l'Abeille Normandie à Brest, puis les autres. Le système a été étoffé en plusieurs étapes, dont le passage à quatre Abeilles en 2005.
olivier78
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Re: bateaux-pompes

Message par olivier78 »

boscocavalaire a écrit :
Joliette : 78,52/0 tx – 22,58 x 5,04 x 2,30 m – Te : 2,20 m – 160 CV - dispose d'un thirion de 270 tonnes alimentant 4 manches de 90 mm et d'un thirion de 780 tonnes pour noyer une cale.
27/09/1900 : soumission de francisation n° 6460 au nom de N. Paquet et Cie.
15/10/1900 : brevet de francisation n° 32176.
11/12/1922 : passe sur le registre ouvert des embarcations de servitude au compte de la Chambre de Commerce de Marseille.
12/1932 : vente à J. Négri pour démolition.
Alain,
Cela signifie t'il que le Joliette a été commandé par la compagnie Paquet à qui il a appartenu? puis reversé (revendu ?) à la Chambre de commerce en 1922 ?

Grand merci

Olivier
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Klaus Günther v. Martinez
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Message par Klaus Günther v. Martinez »

Another fire fighting vessel: the "Dakar", a steamtug of 60 GRT built in 1929 and rebuilt in 1939 (source Journal de la Marine Marchande 07.12.1939).
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marinedk
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Message par marinedk »

Tourbillon a écrit :L'idéé est venue, copiée d'ailleurs sur la Marine de guerre, de mettre un navire en station, dans un endroit "favorable", c'est à dire proche d'un passage de trafic important et où les conditions géographiques (roches ou sable, courants) et climatiques (vent et brume) sont difficiles. Le navire de sauvetage attend son heure. En France, la première initiative civile du genre a été celle de la Société Centrale des naufragés, qui a placé en station à Royan le remorqueur Baron Léopold Davillier ((1913, 29 m, 600 cv). A la suite du naufrage du paquebot Afrique (568 victimes), une organisation de sauvetage, en partie rémunérée par l'Etat, sous l'égide de l'Union Française Maritime, a été mise en place en 1922, avec un remorqueur en station à Brest (Le Puissant, 1921, 40 m, 1000 cv), à Saint-Nazaire (L'Orage, 1921, 40 m 1000 cv), à Royan (Le Vent, 1922, 40 m, 1000 cv) et à Marseille (L'Obstiné, 1922, 40 m, 750 cv). Elle a perduré jusqu'à la seconde guerre mondiale. De 1949 à 1958, seulement à Brest, la compagnie des Abeilles du Havre a stationné l'Abeille 25, puis l'Abeille 26, uniquement pendant la saison hivernale. Des remorqueurs étrangers de différentes nationalités, présents dès 1922, ont totalement pris la relève, hollandais, puis allemands, c'est ainsi qu'en 1978, le remorqueur allemand Pacific a tenté de sauver le pétrolier Amoco Cadiz. A partir de 1979, un autre dispositif a été mis en place avec les Abeilles, d'abord l'Abeille Normandie à Brest, puis les autres. Le système a été étoffé en plusieurs étapes, dont le passage à quatre Abeilles en 2005.
Bonjour,

De 1956 à 1965, la SRSN, Société de Remorquage et Sauvetage du Nord de Dunkerque a fait stationner le remorqueur Jean Bart à Boulogne/mer en surveillance du détroit du Pas de Calais. Durant ces 9 années, le Jean Bart a effectué une cinquantaine d'assistance.
Cordialement

visitez mon site sur la marine http://marinedk.free.fr/index.html

Marinedk
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