Bonsoir
Tout ce qui brille n'est pas or et tout ce qui est argent ne caractérise pas obligatoirement un commissaire... Cet effet me semble en effet difficile à classer comme ayant appartenu à un commissaire.
En premier lieu, il ne peut être de la période Restauration puisque les dates données (1830-1840) ne correspondent pas à cette période de l'histoire de France (1814/15-1830) mais à la Monarchie de Juillet.
Pour ce qui concerne la Restauration, les habits du modèle défini par les règlements du 6 janvier 1818 puis du 1er juin de la même année, comportent des broderies dont le dessin figure des lis entrelacés avec des feuilles de vigne et entourés d'un câble et d'une baguette unie. Le collet montant et échancré porte les mêmes broderies. Les retroussis sont en drap écarlate et réunis de chaque côté par une ancre couronnée dans laquelle est insérée une fleur de lis.
Les boutons en argent portent l'empreinte d'une ancre câblée, couronnée et entourée de deux branches de lis.
La lettre du 25 mars 1831 remplace les couronnes et fleurs de lis prévues en 1818 par des feuilles de chêne et de vigne.
L'ordonnance du Roi du 23 décembre 1847 définit un nouvel uniforme pour les officiers du corps du commissariat de la marine.
L'habit boutonne droit sur la poitrine au moyen de neuf gros boutons du modèle général adopté en 1831 (ce sont ces boutons qui sont ici cousus). Le collet est montant et échancré, basques à retroussis, réunis par une ancre couronnée en broderie.
Les broderies constituent les marques distinctives de grade et figurent des feuilles de chêne et de vigne entrelacées avec une ancre placée dans chaque angle. L'habit présenté pourrait donc correspondre à cette description.
Les difficultés surgissent lorsqu'il s'agit d'identifier le grade du propriétaire de cet habit. L'absence d'écusson de taille permet de le rattacher à un sous-commissaire ou à un aide-commissaire. Ce dernier grade ne comportant aucune broderie sur les parements, l'habit serait celui d'un sous-commissaire.
Mais un habit de sous-commissaire porte au collet et aux parements, la baguette et le câble et un rang de broderie ayant 35 mm de largeur. Cela est vrai pour le collet pas pour les parements.
Par ailleurs on peut voir que la broderie du collet comporte au dessus de l'organeau de l'ancre une couronne, couronne qui d'après les éléments en ma possession n'a jamais été brodée sur aucun habit d'officier de (ou de la) marine.
Et surtout les broderies de collet et de parements sont surmontées d'une baguette dentelée (dents en haut) dont le port a toujours été réservé aux seuls officiers de marine et épisodiquement à certains hauts fonctionnaires (inspecteur général du génie maritime ou du service de santé, contrôleur général, ...) mais jamais aux commissaires.
En conclusion cet habit s'éloigne largement de ce que prévoit la règlementation pour un commissaire servant dans les années 1830-1840. Et je crains fort qu'il ne soit très difficile, voire impossible, de savoir qui a pu le porter. En ce sens il se rapproche de celui possédé par le conservatoire du commissariat et qui a résisté à toutes les tentatives d'identification
viewtopic.php?f=9&t=1773&p=5933#p5933
Cordialement SL