On trouve fréquemment sur des forums consacrés au militaria des messages relatif aux casques coloniaux en service dans la marine et il est rare que les réponses apportées correspondent à la réalité. Il m'a donc semblé intéressant de donner ici un petit aperçu de ce qu'a pu être cette coiffure dans l'armée de mer.
Le décret du 31 mai 1882 prescrit l'adoption comme coiffure des officiers - et uniquement des officiers - dans les pays chauds, d'un casque blanc en liège du modèle adopté pour les troupes de marine servant aux colonies.
Ce modèle, que sa forme fait couramment désigner sous l'appellation de "pain de sucre", est modifié le 8 août 1889 : les bords en sont évasés afin de mieux protéger les tempes contre l'ardeur du soleil , la jugulaire est en tresse plate blanche et aucun insigne n'est porté sur ce casque.

Officier tenue pour pays chauds 1889
Au fil des ans diverses circulaires prises localement vont autoriser les officiers mariniers et marins à porter ce casque en liège. Il faut cependant attendre vingt ans pour que le ministre de la marine décide que ce casque serait réglementaire pour tout le personnel des équipages de la flotte en service dans les colonies et mers des pays chauds. Ce casque délivré à titre onéreux a une durée règlementaire fixée à deux ans.
La circulaire du 9 août 1922 remet en service un casque en liège du modèle adopté par le département de la guerre pour les troupes coloniales. Selon les circonstances - affectation ou simple séjour à l'occasion d'une mission ou d'une escale - le casque est délivré à titre onéreux ou simplement prêté comme effet de délivrance extraordinaire. Dans le premier cas, lors du retour en métropole, le possesseur d'un casque en bon état peut le remettre au magasin d'habillement et sa valeur est alors portée au crédit de l'intéressé.
La circulaire du 13 juillet 1928 (bulletin officiel page 95) met en service deux nouveaux modèles de casques en liège. Cette date est importante car elle montre que ce que l'on qualifie trop facilement de casque colonial modèle 1931 ne peut s'appliquer qu'à des coiffures de l'armée de terre, la marine ayant adopté ses nouveaux casques trois ans auparavant.
Ces casques sont de deux modèles différents :
- pour officiers, garni extérieurement de bandes de tissu de coton dont l'assemblage forme un ruban à 7 plis superposés et qui porte sur le devant l'écusson conforme au modèle prévu pour la casquette depuis 1923;
- pour officiers mariniers, quartiers-maîtres et marins, garni extérieurement d'une bande de coton blanc (bourdalou) maintenue sur le corps du casque et munie de trois passants (un de chaque côté et un derrière) destiné au port du ruban légendé des quartiers-maîtres et marins. Le casque des officiers mariniers comporte, comme pour les officiers un écusson conforme au modèle prévu pour la casquette et les trois passants sont cousus sur toute leur hauteur de façon à être maintenus appliqués sur le casque.
Les conditions de délivrance de ce casque demeurent celles prévues en 1922.

Casque en liège pour quartier-maître et marin, le ruban légendé est tenu par des passants fixés sur le bourdalou (1928)
Après la seconde guerre, le casque colonial est de moins en moins porté et une circulaire du 27 mai 1955 décide de supprimer les délivrances individuelles. Le casque est maintenu comme effet de délivrance extraordinaire en vue de prêt temporaire aux personnels.
Le casque a également évolué. Désormais ne subsiste plus qu'un seul modèle pour tous les personnels. Il s'agit du modèle destiné aux non officiers, sur lequel on a supprimé les passants destinés à tenir le ruban légendé. Outre cette modification, les casques fabriqués après la guerre se distinguent de leurs prédécesseurs par le fait que le tour de tête est fixé au corps du casque au moyen d'agrafes en métal blanc traversant quatre taquets de liège de 8 mm d'épaisseur alors que ces taquets étaient au nombre de huit avant la guerre (ce système permet d'isoler le tour de tête de la carcasse et assurer ainsi l'aération de l'intérieur du casque).
Cordialement SL














