Quand un général coule un maréchal
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COMARGOUX
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- Inscription : 26 déc. 2007, 09:24
Quand un général coule un maréchal
Bonsoir
le 7 juillet 1892, le cuirassé HOCHE abordait et coulait le paquebot MARECHAL CANROBERT au large de Marseille.
Le dictionnaire Roche attribue "107 tués" à cet accident, sans spécifier s'il s'agit de passagers du paquebot ou de marins du cuirassé.
Wikipédia annonce une "perte de 5 personnes sur 107 passagers".
Une troisième source précise : "Tout le monde a été sauvé par le Hoche, à l'exception de deux militaires et trois enfants" mais annonce plus loin "une perte de 107 passagers".
Bref, je suis perdu ! Pouvez vous m'aider ?
Cordialement
Olivier
le 7 juillet 1892, le cuirassé HOCHE abordait et coulait le paquebot MARECHAL CANROBERT au large de Marseille.
Le dictionnaire Roche attribue "107 tués" à cet accident, sans spécifier s'il s'agit de passagers du paquebot ou de marins du cuirassé.
Wikipédia annonce une "perte de 5 personnes sur 107 passagers".
Une troisième source précise : "Tout le monde a été sauvé par le Hoche, à l'exception de deux militaires et trois enfants" mais annonce plus loin "une perte de 107 passagers".
Bref, je suis perdu ! Pouvez vous m'aider ?
Cordialement
Olivier
- capu.rossu
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- Inscription : 07 mars 2007, 19:03
Re: Quand un général coule un maréchal
Bonsoir,
A bord du Maréchal Canrobert, traversée Bône - Marseille, se trouvaient 113 passagers, à savoir 85 hommes (civils ou militaires), 16 femmes et 10 enfants. L'abordage fit 5 victimes : 2 militaires et 3 enfants ainsi que 4 blessés. Un groupe de matelot du Hoche passe, sur ordre du CV Boutet, sur le pont du Canrobert et évacue de force la majorité des passagers présents sur le pont tandis que l'équipage du Canrobert fait sortir ceux qui étaient encore dans leurs cabines. Le dernier passager en sécurité sur le Hoche, marins de la Royale et de la Mar Mar évacuent à leur tour suivis par le C.L.C. Dor qui quitta son bord le dernier. Ce sauvetage fut accompli en un temps record puisque le paquebot coula en 8 minutes.
@+
Alain
A bord du Maréchal Canrobert, traversée Bône - Marseille, se trouvaient 113 passagers, à savoir 85 hommes (civils ou militaires), 16 femmes et 10 enfants. L'abordage fit 5 victimes : 2 militaires et 3 enfants ainsi que 4 blessés. Un groupe de matelot du Hoche passe, sur ordre du CV Boutet, sur le pont du Canrobert et évacue de force la majorité des passagers présents sur le pont tandis que l'équipage du Canrobert fait sortir ceux qui étaient encore dans leurs cabines. Le dernier passager en sécurité sur le Hoche, marins de la Royale et de la Mar Mar évacuent à leur tour suivis par le C.L.C. Dor qui quitta son bord le dernier. Ce sauvetage fut accompli en un temps record puisque le paquebot coula en 8 minutes.
@+
Alain
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COMARGOUX
- Messages : 842
- Inscription : 26 déc. 2007, 09:24
Re: Quand un général coule un maréchal
Merci Alain pour toutes ces précisions.
Une question me taraude l'esprit : d'où tirez vous ces informations ?
Cordialement
Olivier
Une question me taraude l'esprit : d'où tirez vous ces informations ?
Cordialement
Olivier
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Jean Lassaque
- Messages : 373
- Inscription : 09 mars 2007, 10:17
- Localisation : Paris
Re: Quand un général coule un maréchal
Bonjour à tous,
Ce naufrage a donné lieu à un arrêt 19 mars 1897 du conseil d'état qui rappelle les données du problème.
Le Maréchal Canrobert, parti de Bône le 5 juillet 1892 arrivait le 7 à 6h du matin à 25 milles au sud de Marseille, donc en route du sud vers le nord. A ce moment, l'escadre de réserve composée notamment de 9 cuirassés était en vue par bâbord, route à l'est. Elle avait commencé des manoeuvres de vitesse; les cuirassés marchaient en ligne de front sur 3 kilomètres, le Hoche occupant la dernière place à droite de l'escadre;
Le capitaine Dor, commandant le Maréchal Canrobert, considéra que, voyant arriver le Hoche sur son bâbord, ce dernier lui devait la priorité selon les règles maritimes (A l'époque, c'était le code international de l'abordage maritime, règlement du 1er septembre 1884). Ce n'est qu'au tout dernier moment que, voyant l'abordage imminent, le capitaine Dor commanda "en arrière à toute vitesse" mais quelques instants plus tard, l'abordage avait lieu et le paquebot coula très rapidement. Ses passagers avaient été sauvés à l'exception de 2 soldats et de 3 enfants.
Le capitaine Dor, cité devant le tribunal maritime de Marseille, avait été déclaré non coupable. La Transat demanda donc une reconnaissance de responsabilité de l'état, ce qui fut refusé par le ministre, d'où un recours au conseil d'état qui considéra que des circonstances exceptionnelles (comme la rencontre d'une escadre dont les navires n'avaient pas toute liberté de manoeuvre) imposent de s'affranchir les règles applicables en temps normal. Même si l'enquête a démontré que la vigie du Hoche a tardé à signaler le Canrobert, c'était donc au paquebot de manoeuvrer pour éviter l'escadre parce qu'évidemment, tout le monde sait qu'un paquebot lancé à pleine vitesse, peut virer sur place. Sans commentaires.
C'est donc une décision qui a fondé un certain arbitraire mais, comme je l'explique régulièrement à des jeunes plaisanciers : N'oubliez pas qu'à la mer, la priorité est due au plus c..., donc agissez intelligemment en conséquence.
Cordialement
J. Lassaque
Ce naufrage a donné lieu à un arrêt 19 mars 1897 du conseil d'état qui rappelle les données du problème.
Le Maréchal Canrobert, parti de Bône le 5 juillet 1892 arrivait le 7 à 6h du matin à 25 milles au sud de Marseille, donc en route du sud vers le nord. A ce moment, l'escadre de réserve composée notamment de 9 cuirassés était en vue par bâbord, route à l'est. Elle avait commencé des manoeuvres de vitesse; les cuirassés marchaient en ligne de front sur 3 kilomètres, le Hoche occupant la dernière place à droite de l'escadre;
Le capitaine Dor, commandant le Maréchal Canrobert, considéra que, voyant arriver le Hoche sur son bâbord, ce dernier lui devait la priorité selon les règles maritimes (A l'époque, c'était le code international de l'abordage maritime, règlement du 1er septembre 1884). Ce n'est qu'au tout dernier moment que, voyant l'abordage imminent, le capitaine Dor commanda "en arrière à toute vitesse" mais quelques instants plus tard, l'abordage avait lieu et le paquebot coula très rapidement. Ses passagers avaient été sauvés à l'exception de 2 soldats et de 3 enfants.
Le capitaine Dor, cité devant le tribunal maritime de Marseille, avait été déclaré non coupable. La Transat demanda donc une reconnaissance de responsabilité de l'état, ce qui fut refusé par le ministre, d'où un recours au conseil d'état qui considéra que des circonstances exceptionnelles (comme la rencontre d'une escadre dont les navires n'avaient pas toute liberté de manoeuvre) imposent de s'affranchir les règles applicables en temps normal. Même si l'enquête a démontré que la vigie du Hoche a tardé à signaler le Canrobert, c'était donc au paquebot de manoeuvrer pour éviter l'escadre parce qu'évidemment, tout le monde sait qu'un paquebot lancé à pleine vitesse, peut virer sur place. Sans commentaires.
C'est donc une décision qui a fondé un certain arbitraire mais, comme je l'explique régulièrement à des jeunes plaisanciers : N'oubliez pas qu'à la mer, la priorité est due au plus c..., donc agissez intelligemment en conséquence.
Cordialement
J. Lassaque
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COMARGOUX
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- Inscription : 26 déc. 2007, 09:24
Re: Quand un général coule un maréchal
Bonjour Jean
et merci pour ce nouvel éclairage.
J'ajouterai que le Hoche était alors commandé par le CV Boutet (déjà dit) et portait la marque du CA Dorlodot des Essarts.
Pour édulcorer quelque peu votre dernière phrase je dirais plutôt : "la priorité est due au plus c....ostaud". Cette maxime peut également s'appliquer sur la route du moins si on tient à sa peau.
Cordialement
Olivier
et merci pour ce nouvel éclairage.
J'ajouterai que le Hoche était alors commandé par le CV Boutet (déjà dit) et portait la marque du CA Dorlodot des Essarts.
Pour édulcorer quelque peu votre dernière phrase je dirais plutôt : "la priorité est due au plus c....ostaud". Cette maxime peut également s'appliquer sur la route du moins si on tient à sa peau.
Cordialement
Olivier
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Jean Lassaque
- Messages : 373
- Inscription : 09 mars 2007, 10:17
- Localisation : Paris
Re: Quand un général coule un maréchal
Bonsoir Olivier,
Mais je voulais bien dire CO...staud ! Comment diable pourriez-vous penser autre chose ???? :wink:
Cordialement
J. Lassaque
Mais je voulais bien dire CO...staud ! Comment diable pourriez-vous penser autre chose ???? :wink:
Cordialement
J. Lassaque
- capu.rossu
- Messages : 1547
- Inscription : 07 mars 2007, 19:03
Re: Quand un général coule un maréchal
Bonsoir Olivier,
Mes informations sont tirées du rapport de mer du capitaine Dor et de la presse de l'époque et ont été résumées par mon ami Jean Pierre Joncheray dans un de ses fascicules consacrés aux "Naufrages en Provence". Il y a dans celui-ci, une illustration montrant le sauvetage des passagers.
@+
Alain
Mes informations sont tirées du rapport de mer du capitaine Dor et de la presse de l'époque et ont été résumées par mon ami Jean Pierre Joncheray dans un de ses fascicules consacrés aux "Naufrages en Provence". Il y a dans celui-ci, une illustration montrant le sauvetage des passagers.
@+
Alain
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COMARGOUX
- Messages : 842
- Inscription : 26 déc. 2007, 09:24
Re: Quand un général coule un maréchal
Bonjour Alain,
avec beaucoup de retard - je vous présente mes excuses - merci pour ces renseignements.
En feuilletant la revue L'Illustration de 1892, j'ai trouvé ces deux "photos" ayant trait à cet accident et qui doivent quelque peu approcher de la réalité.
Cordialement
Olivier


avec beaucoup de retard - je vous présente mes excuses - merci pour ces renseignements.
En feuilletant la revue L'Illustration de 1892, j'ai trouvé ces deux "photos" ayant trait à cet accident et qui doivent quelque peu approcher de la réalité.
Cordialement
Olivier

