compagnies de débarquement
-
jeanlucmeynet
- Messages : 81
- Inscription : 20 févr. 2007, 19:39
compagnies de débarquement
Bonjour à tous,
J'aimerais avoir quelques précisions sur la compagnie de débarquement d'une frégate dans les années 1850.
Quelle était sa composition ( fusiliers, canonniers, artilleurs uniquement, ou ouverte à toutes spécialités ? ), son nombre ( était-il fixe selon chaque bâtiment, ou variable en fonction des besoins ), sa durée d'existence ( composée à chaque expédition, ou fixée dès l'embarquement ? ) son rôle à bord ?
Merci, et bon week-end.
Cordialement,
Jean-Luc Meynet
J'aimerais avoir quelques précisions sur la compagnie de débarquement d'une frégate dans les années 1850.
Quelle était sa composition ( fusiliers, canonniers, artilleurs uniquement, ou ouverte à toutes spécialités ? ), son nombre ( était-il fixe selon chaque bâtiment, ou variable en fonction des besoins ), sa durée d'existence ( composée à chaque expédition, ou fixée dès l'embarquement ? ) son rôle à bord ?
Merci, et bon week-end.
Cordialement,
Jean-Luc Meynet
- SALIOU
- Messages : 1047
- Inscription : 09 juil. 2007, 11:59
- Localisation : BRETAGNE
Bonjour,
Le commentaire du CV Goybet:
"....L’annonce du débarquement faisait briller de joie les yeux des 150, de ceux que l’on appelle faussement dans les comptes rendus de prise d’armes « Les fusiliers marins ». car il y a bien dans la compagnie tous les fusiliers de bord, mais il y a aussi des canonniers, des torpilleurs, des électriciens, des timoniers, des gabiers, des chauffeurs et des mécaniciens, et même des matelots sans aucune spécialité. Elle forme un tout savamment dosé pour que d’abord, elle puisse se débrouiller dans toutes les conjonctures, et qu’ensuite son absence ne désorganise que le moins possible le « poste de combat » du bâtiment qui doit conserver tous ses moyens d’attaque et de défense......"
Nous sommes 1940 lors de la préparation d'une intervention de la Cie de débarquement du Primauguet sur Aruba en mai.
Je serai curieux de savoir si la même démarche avait cours en 1850??
A+
Le commentaire du CV Goybet:
"....L’annonce du débarquement faisait briller de joie les yeux des 150, de ceux que l’on appelle faussement dans les comptes rendus de prise d’armes « Les fusiliers marins ». car il y a bien dans la compagnie tous les fusiliers de bord, mais il y a aussi des canonniers, des torpilleurs, des électriciens, des timoniers, des gabiers, des chauffeurs et des mécaniciens, et même des matelots sans aucune spécialité. Elle forme un tout savamment dosé pour que d’abord, elle puisse se débrouiller dans toutes les conjonctures, et qu’ensuite son absence ne désorganise que le moins possible le « poste de combat » du bâtiment qui doit conserver tous ses moyens d’attaque et de défense......"
Nous sommes 1940 lors de la préparation d'une intervention de la Cie de débarquement du Primauguet sur Aruba en mai.
Je serai curieux de savoir si la même démarche avait cours en 1850??
A+
Pierre
"Rame, rame, rameurs, ramez
on avance à rien dans c'canoë...
"Rame, rame, rameurs, ramez
on avance à rien dans c'canoë...
-
jeanlucmeynet
- Messages : 81
- Inscription : 20 févr. 2007, 19:39
compagnie de débarquement
Bonjour Pierre,
Merci pour cette réponse très réactive, et qui, tout en méritant un développement de la part d'un colistier, correspond à ce que j'imaginais.
La compagnie de débarquement semble faire appel aux forces en présence à l'instant T pour une opération déterminée, sans avoir de composition bien précise lors de l'embarquement de l'équipage. Il est cependant évident que les fusiliers et canonniers font systématiquement partie de cette compagnie. Je suis cependant surpris du fait que des matelots sans spécialité puissent en faire partie: il doivent être sélectionnés selon certains critères!
Quant au chiffre indiqué de 150 personnes, je suppose qu'il est fonction du bâtiment.
Enfin, si cette composition est celle de 1940, je ne vois pas pourquoi elle différerait en 1850.
Encore merci,
Cordialement,
Jean-Luc
Merci pour cette réponse très réactive, et qui, tout en méritant un développement de la part d'un colistier, correspond à ce que j'imaginais.
La compagnie de débarquement semble faire appel aux forces en présence à l'instant T pour une opération déterminée, sans avoir de composition bien précise lors de l'embarquement de l'équipage. Il est cependant évident que les fusiliers et canonniers font systématiquement partie de cette compagnie. Je suis cependant surpris du fait que des matelots sans spécialité puissent en faire partie: il doivent être sélectionnés selon certains critères!
Quant au chiffre indiqué de 150 personnes, je suppose qu'il est fonction du bâtiment.
Enfin, si cette composition est celle de 1940, je ne vois pas pourquoi elle différerait en 1850.
Encore merci,
Cordialement,
Jean-Luc
- SALIOU
- Messages : 1047
- Inscription : 09 juil. 2007, 11:59
- Localisation : BRETAGNE
Bonjour Jean Luc,
Le Primauguet avait un effectif de près de 600 hommes.
Les matelots sans spé sont sans doute aussi efficace pour porter un mousqueton, creuser un abri...etc... qu'un électricien ou un mécano et être retirer de l'effectif sans nuire aux capacités offensives et défensives du bâtiment.
A+
Le Primauguet avait un effectif de près de 600 hommes.
Les matelots sans spé sont sans doute aussi efficace pour porter un mousqueton, creuser un abri...etc... qu'un électricien ou un mécano et être retirer de l'effectif sans nuire aux capacités offensives et défensives du bâtiment.
A+
Pierre
"Rame, rame, rameurs, ramez
on avance à rien dans c'canoë...
"Rame, rame, rameurs, ramez
on avance à rien dans c'canoë...
-
jeanlucmeynet
- Messages : 81
- Inscription : 20 févr. 2007, 19:39
compagnie de débarquement
Pierre,
Votre remarque pertinente relève du bon sens: vous avez tout à fait raison.
Toutefois, le sentiment que je voulais traduire par cette phrase ( que, réflexion faite, j'ai mal rédigé, puisqu'elle peut paraître offensante, voire péjorative, alors qu'elle était plutôt naïve ) c'est qu'à mon sens ce n'est peut-être pas au matelot sans spé de partir en avant-garde "au charbon".
Il en va autrement bien sûr en cas de conflit, mais j'imagine que le rôle d'une compagnie de débarquement est d'être rapide, discrète et le plus efficace pour préparer le terrain. J'imaginais plus des professionnels, tout en laissant une part aux soldats de toute spécialité, reconnus pour avoir certaines aptitudes au maniement des armes, aux tactiques de combat, etc... c'est à dire des hommes ayant déjà une bonne formation, sinon théorique, du moins pratique.
Deuxième surprise de ma part: la compagnie de débarquement du Primauguet comptait 150 personnes, alors que l'effectif était de 600. Cela représente le quart du personnel ! Dans ces conditions, pour ne pas nuire aux capacités offensives et défensives du bâtiment, il vaut mieux que l'action de cette compagnie soit fulgurante, car si elle doit rester absente une semaine, les conséquences doivent s'en ressentir.
Un autre colistier aura peut-être d'autres éléments à nous fournir.
Encore merci pour ces précisions.
Cordialement,
Jean-Luc
Votre remarque pertinente relève du bon sens: vous avez tout à fait raison.
Toutefois, le sentiment que je voulais traduire par cette phrase ( que, réflexion faite, j'ai mal rédigé, puisqu'elle peut paraître offensante, voire péjorative, alors qu'elle était plutôt naïve ) c'est qu'à mon sens ce n'est peut-être pas au matelot sans spé de partir en avant-garde "au charbon".
Il en va autrement bien sûr en cas de conflit, mais j'imagine que le rôle d'une compagnie de débarquement est d'être rapide, discrète et le plus efficace pour préparer le terrain. J'imaginais plus des professionnels, tout en laissant une part aux soldats de toute spécialité, reconnus pour avoir certaines aptitudes au maniement des armes, aux tactiques de combat, etc... c'est à dire des hommes ayant déjà une bonne formation, sinon théorique, du moins pratique.
Deuxième surprise de ma part: la compagnie de débarquement du Primauguet comptait 150 personnes, alors que l'effectif était de 600. Cela représente le quart du personnel ! Dans ces conditions, pour ne pas nuire aux capacités offensives et défensives du bâtiment, il vaut mieux que l'action de cette compagnie soit fulgurante, car si elle doit rester absente une semaine, les conséquences doivent s'en ressentir.
Un autre colistier aura peut-être d'autres éléments à nous fournir.
Encore merci pour ces précisions.
Cordialement,
Jean-Luc
- SALIOU
- Messages : 1047
- Inscription : 09 juil. 2007, 11:59
- Localisation : BRETAGNE
Bonsoir,
Je pense qu'il faut différencier les compagnies de débarquement qui sont rarement engagées dans des opérations "délicates", des troupes spécialisées embarquées de façon temporaire. Les compagnies de débarquement peuvent toutefois complémenter ces troupes spécialisées.
Dans l'affaire d'Aruba, la Cie agissait plutôt à titre préventif, le risque principal étant de rencontrer des troupes américaines ce qui auraient pu créer un problème diplomatique.
Je cite Goybet:....." Au début de l’après- midi, on aperçut à l’horizon une division de croiseurs Américains. Un de ses avions, tout en restant hors des eaux territoriales et sans nous survoler (ce qui eut constitué un acte d’hostilité caractérisé), nous identifia, constata que le drapeau français flottait sur l’appontement de la Shell, fit demi tour, rendit compte, et la division américaine s’éloigna. Dieu sait quelles implications se seraient produites s’il avait débarqué avant nous au Sud de l’île ou se trouvent les installations de la Standard Américaine…"
Nos marins ont passé quelques jours tout à fait agréables aux frais de la Shell. Le retour à bord sera difficile....
A+
Je pense qu'il faut différencier les compagnies de débarquement qui sont rarement engagées dans des opérations "délicates", des troupes spécialisées embarquées de façon temporaire. Les compagnies de débarquement peuvent toutefois complémenter ces troupes spécialisées.
Dans l'affaire d'Aruba, la Cie agissait plutôt à titre préventif, le risque principal étant de rencontrer des troupes américaines ce qui auraient pu créer un problème diplomatique.
Je cite Goybet:....." Au début de l’après- midi, on aperçut à l’horizon une division de croiseurs Américains. Un de ses avions, tout en restant hors des eaux territoriales et sans nous survoler (ce qui eut constitué un acte d’hostilité caractérisé), nous identifia, constata que le drapeau français flottait sur l’appontement de la Shell, fit demi tour, rendit compte, et la division américaine s’éloigna. Dieu sait quelles implications se seraient produites s’il avait débarqué avant nous au Sud de l’île ou se trouvent les installations de la Standard Américaine…"
Nos marins ont passé quelques jours tout à fait agréables aux frais de la Shell. Le retour à bord sera difficile....
A+
Pierre
"Rame, rame, rameurs, ramez
on avance à rien dans c'canoë...
"Rame, rame, rameurs, ramez
on avance à rien dans c'canoë...
-
Klaus Günther v. Martinez
- Messages : 863
- Inscription : 12 mai 2007, 09:41
- Localisation : Allemagne
- SALIOU
- Messages : 1047
- Inscription : 09 juil. 2007, 11:59
- Localisation : BRETAGNE
Bonjour,
Sans doute veux-tu dire Savorgnan de Brazza contre Bougainville à Libreville.
Toutes les unités, même petites, étaient en mesure de mettre en oeuvre une cie de débarquement. Ce témoignage d'un matelot du Trident, ex-PC américain, armé par une cinquantaine d'hommes est un exemple:

Indo 1952
A+,
Pierre[/img]
Sans doute veux-tu dire Savorgnan de Brazza contre Bougainville à Libreville.
Toutes les unités, même petites, étaient en mesure de mettre en oeuvre une cie de débarquement. Ce témoignage d'un matelot du Trident, ex-PC américain, armé par une cinquantaine d'hommes est un exemple:

Indo 1952
A+,
Pierre[/img]
Pierre
"Rame, rame, rameurs, ramez
on avance à rien dans c'canoë...
"Rame, rame, rameurs, ramez
on avance à rien dans c'canoë...
-
Klaus Günther v. Martinez
- Messages : 863
- Inscription : 12 mai 2007, 09:41
- Localisation : Allemagne
-
COMARGOUX
- Messages : 842
- Inscription : 26 déc. 2007, 09:24
Compagnie de débarquement
Bonjour à tous,
le Règlement du 28 août 1852 sur le service à bord des bâtiments de la flotte - Titre VI - Chapitre 1er - Art. 1 1 54 donne les chiffres suivants pour la "composition d'une compagnie de débarquement" d'une frégate de 1er rang :
1 Lieutenant de vaisseau
1 Enseigne de vaisseau
1 Chirurgien
1 Aspirant de 1° classe
1 Aspirant de 2° classe
1 Maître
3 Seconds-Maitres
6 Quartiers-Maîtres
1 Fourrier
1 Armurier
77 Matelots
2 Tambours
2 Fifres
2 Clairons
1 Infirmier
Soit un total de 101 personnes.
Cordialement
Olivier
le Règlement du 28 août 1852 sur le service à bord des bâtiments de la flotte - Titre VI - Chapitre 1er - Art. 1 1 54 donne les chiffres suivants pour la "composition d'une compagnie de débarquement" d'une frégate de 1er rang :
1 Lieutenant de vaisseau
1 Enseigne de vaisseau
1 Chirurgien
1 Aspirant de 1° classe
1 Aspirant de 2° classe
1 Maître
3 Seconds-Maitres
6 Quartiers-Maîtres
1 Fourrier
1 Armurier
77 Matelots
2 Tambours
2 Fifres
2 Clairons
1 Infirmier
Soit un total de 101 personnes.
Cordialement
Olivier
-
jeanlucmeynet
- Messages : 81
- Inscription : 20 févr. 2007, 19:39
compagnie de débarquement
Bonsoir à tous,
Merci Olivier pour cette précision.
C'est donc le 1/5 de l'équipage qui compose cette compagnie, avec 75% de matelots; et elle semble bien fixée dès l'embarquement.
Encore merci à tous.
Bonne semaine,
Cordialement,
Jean-Luc
Merci Olivier pour cette précision.
C'est donc le 1/5 de l'équipage qui compose cette compagnie, avec 75% de matelots; et elle semble bien fixée dès l'embarquement.
Encore merci à tous.
Bonne semaine,
Cordialement,
Jean-Luc
-
COMARGOUX
- Messages : 842
- Inscription : 26 déc. 2007, 09:24
Bonjour
Lorsque l'opération le nécessitait du fait de son importance, et surtout lorsqu'elle était préparée de longue date, on faisait alors appel à l'Infanterie de Marine.
Cordialement
Olivier
Je ne suis pas tout à fait d'accord avec cette assertion car, sauf erreur de ma part, ce furent bien les Compagnies de débarquement des bâtiments présents sur zone qui débarquèrent en Cochinchine, en Chine, au Mexique, en Corée, en Algérie parfois, au Maroc, etc... y compris lors de la guerre des Boxers en 1900 (colonne Seymour), autant d'affaires que l'on pourrait qualifier de "délicates".Je pense qu'il faut différencier les compagnies de débarquement qui sont rarement engagées dans des opérations "délicates", des troupes spécialisées embarquées de façon temporaire.
Lorsque l'opération le nécessitait du fait de son importance, et surtout lorsqu'elle était préparée de longue date, on faisait alors appel à l'Infanterie de Marine.
Cordialement
Olivier
- SALIOU
- Messages : 1047
- Inscription : 09 juil. 2007, 11:59
- Localisation : BRETAGNE
-
COMARGOUX
- Messages : 842
- Inscription : 26 déc. 2007, 09:24
Bonsoir
l'Amiral Seymour était en effet britannique mais sa "colonne" était on ne peut plus internationale car composée d'Anglais (of course), d'Allemands, d'Américains, d'Autrichiens, de Japonais, d'Italiens, de Russes et de Français, puisque le but de l'opération était d'aller jusqu'à Pékin pour y protéger les légations menacées par les Boxeurs.
Le détachement français, commandé par le capitaine de vaisseau de Marolles, comprenait 158 hommes provenant, entre autres, des Compagnies de débarquement des croiseurs d'Entrecasteaux et Descartes. Cette "colonne" partie en train de Tien-Tsin le 11 juin 1900, fut contrainte de faire demi-tour (20 juin) à quelques kilomètres de Pékin, la voie ayant été rendue impraticable par les Boxeurs, et de se replier sur Tien-Tsin.
Cordialement
Olivier
l'Amiral Seymour était en effet britannique mais sa "colonne" était on ne peut plus internationale car composée d'Anglais (of course), d'Allemands, d'Américains, d'Autrichiens, de Japonais, d'Italiens, de Russes et de Français, puisque le but de l'opération était d'aller jusqu'à Pékin pour y protéger les légations menacées par les Boxeurs.
Le détachement français, commandé par le capitaine de vaisseau de Marolles, comprenait 158 hommes provenant, entre autres, des Compagnies de débarquement des croiseurs d'Entrecasteaux et Descartes. Cette "colonne" partie en train de Tien-Tsin le 11 juin 1900, fut contrainte de faire demi-tour (20 juin) à quelques kilomètres de Pékin, la voie ayant été rendue impraticable par les Boxeurs, et de se replier sur Tien-Tsin.
Cordialement
Olivier
- SALIOU
- Messages : 1047
- Inscription : 09 juil. 2007, 11:59
- Localisation : BRETAGNE
Bonjour,
La colonne comptait un peu plus de 2000 hommes, nous ne sommes donc pas dans le cadre de l'intervention d'une Cie de débarquement en solo.
Il ya sans doute des exemples et d'emblée j'ai utilisé le terme "rarement" et non pas "jamais".
La colonne comptait un peu plus de 2000 hommes, nous ne sommes donc pas dans le cadre de l'intervention d'une Cie de débarquement en solo.
Il ya sans doute des exemples et d'emblée j'ai utilisé le terme "rarement" et non pas "jamais".
Pierre
"Rame, rame, rameurs, ramez
on avance à rien dans c'canoë...
"Rame, rame, rameurs, ramez
on avance à rien dans c'canoë...