Un
concept inovant : la frégate de veille

Les fonds et compartiments machines sont pré-équipés.
On aperçoit sur l'avant les deux diesels alternateurs des compartiments
auxiliaires Td et auxiliaires Bd sous bâches, au centre les quatre moteurs
principaux de propulsion avec leur embrayeurs réducteurs, sous bâches (23
mai 1990). |
Avec la fin de
la guerre froide et l'effondrement du bloc de l'Est, le risque d'un affrontement
classique de grande ampleur a peu à peu disparu.
La Marine nationale
a dû faire face à de nouvelles missions. Les avisos escorteurs
qui étaient, à la fin des années 80, des bâtiments
viellissants devaient être remplacés. Leur emploi était
également mal adapté dans des zones à risques limités.
Pourtant, le concept
de frégate de veille fût en lui-même une "révolution
philosophique" pour la Marine.
C'était
aussi la volonté de la France de faire respecter sa Zone Economique
Exclusive (12 millions de km2 !) issue des récents accords de Montego
Bay. La mer devenait alors un lieu d'affrontement protéiforme où
l'adversaire était parfois difficilement identifiable.
Par comparaison,
la Marine nationale devait assumer un rôle que l'US Navy avait délaissé
au profit des Coast-Guard américains. Les missions nouvelles étaient
aussi bien humanitaires, diplomatiques ou policières.

Le bloc arrière préarmé du Floréal
est livré terminé. D'un poids de 266 tonnes, il est soudé directement au
reste de la coque (31 mai 1990). |
A missions nouvelles,
moyens nouveaux : L'hélicoptère embarqué était alors
un atout essentiel pour la rapidité de l'intervention. La maîtrise
des coût de construction imposa également des normes de construction
navale civiles moins contraignantes. Là est peut être la révolution
culturelle qui a le plus choqué certains marins mais qui s'imposait d'elle
même par l'obsolescence dans ce cas particulier de l'extrème sophistication
des navires de combat.
La fabrication
Le cahier des charges
devait respecter les critères suivants :
- un navire d'une
grande stabilité, pour faciliter la mise en oeuvre d'un hélicoptère
lourd par tous temps ;
- un volume réduit
;
- un personnel
peu nombreux mais adaptable en fonction de la mission ;
- un armement
léger mais dissuasif ;
- un moyen de
propulsion économique, qui donnerait au bâtiment une grande autonomie.

Pose du bloc passerelle du Floréal,
comprenant le centre opérations (CO), l'abri de navigation, le carré et
les chambres officiers (7 septembre 1990). |
Le 12 avril 1988
était lancé le programme, annoncé officiellement par le
ministre de la défense en ces termes : "La mission principale
des frégates de surveillance est d'exercer un contrôle des espaces
maritimes éloignés de la métropole et sur lesquels la France
étend sa souveraineté".
Un grand couturier
français : les chantiers de l'Atlantique
Le choix des méthodes
de constructions civiles imposait à la fois de recourir à un chantier
familier de ce type de fabrication, mais qui ne soit pas totalement étranger
à la construction navale militaire. Il se porta tout naturellement vers
les Chantiers de l'Atlantique.
L'histoire des
Chantiers de l'Atlantique commence en 1861 à Saint Nazaire, la Compagnie
Générale Transatlantique y a construit ses plus prestigieux navires.
La construction artisanale a laissé place à une industrie de
pointe qui a du faire face à une concurence de plus en plus exarcerbé,
venant de pays où les coûts salariaux sont moindres. Les chantiers
de l'Atlantique ont ainsi donné naissance à des navires prestigieux,
du pétrolier "supertanker" au navire de croisière de
luxe comme l'ancien France. Mais c'est aussi 120 navires de guerre qui sont
déja sortis des cales de Saint-Nazaire, parmi eux le navire école
Jeanne d'Arc, les cuirassés Strasbourg et Jean
Bart, ou le porte-avions Foch.

Montage des lignes d'arbres et hélices de la frégate
Floréal (14 septembre 1990). |
Les règles
de la SOLAS (Safety Of Life At Sea) imposait onze cloisons étanches
réparties sur les 93 mètres de longueur du bâtiment. De
la mème manière, la classification du bureau Véritas des
navires à passagers sera adoptée concernant les règles
de fourniture d'énergie et de sécurité. La construction
en série permit de planifier les pièces nécessaires aux
six bâtiments. Elle se fit selon une méthode devenu classique désormais
et qui fut appliquée par la suite également aux frégates
de type La Fayette. Six troncons
préfabriqués et pré-équipés seront assemblés
(soudés) au bassin. Le poids d'un troncon pouvant atteindre 570 tonnes.
Les premiers essais
à la mer de la frégate tête de série Floréal
se font le 7 février 1991, avec un équipage entièrement
civil. La marine nationale n'est alors présente qu'à titre d'observateur.
Un spécialiste
de l'armement : la DCN Lorient.
Celle-ci possède
également une tradition multi-séculaire dans le domaine de la
construction navale. C'est elle qui sera choisie pour l'élaboration du
programme des frégates furtives type Lafayette Bien que destinées
à exercer dans des zones à risques limitées, les frégates
de surveillance sont équipées de systèmes d'armes capables
d'exercer une menace dissuasive. En assurant notamment l'armement et l'intégration
du système de combat, la DCN Lorient a donné à ces bâtiment
la dimension militaire nécessaire pour répondre au besoin opérationnel
défini.
L'armement le plus
visible est le canon de 100mm. L'ensemble de la tourelle et de son shelter de
chargement et de calcul est introduit d'un seul bloc dans la partie avant du
navire. C'est une constante désormais pour tous les constructeurs, l'armement
des bâtiments de guerre ressemble à un gigantesque "Lego"
où les pièces sont interchangeables rapidement.
Ainsi toutes les
frégates recevront 2 rampes de lancement Exocet
Mer-Mer 38, un système de leurre Dagaie, 2 affûts
de 20mm Mod F2, et bien évidemment
tout l'équipement électronique de détection et de contre-mesures.
Le dernier équipement, et non des moindres, fut l'hélicoptère
Panther, version
militaire (ce qui peut faire sourire pour un hélicoptère qui ne
possède aucun armement) et navalisée du Dauphin.
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Le
programme des frégates de surveillance
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| 1987
: Expression du besoin "Bâtiment de Présence" |

Le Floréal n'est
pas sous ses plus beaux atours pour sa première navigation. C'est
le sort des bâtiments tête de série (1990). |
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| 1988
: Négociation DCN - Chantiers de l'Atlantique |
| 18
janvier 1989 : Notification du marché aux Chantiers de l'Atlantique |
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6 octobre 1990 : mise à l'eau de Floréal |
| 28
février 1991 : prise d'armement pour essais du Floréal |
| 8
mars 1991 : Floréal quitte les
Chantiers de l'Atlantique |
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11 juillet
1991 : prise d'armement pour essais de Prairial
|
| 18
juillet 1991 : Prairial quitte
les Chantiers de l'Atlantique |
| 17
janvier 1992 : Nivôse
quitte les Chantiers de l'Atlantique |
(Sources : Vigilance,
les frégates Floréal - Edition ADDIM)