Une méthode de construction innovante

Plus que pour tout autre bâtiment de la Marine, la construction des frégates type La Fayette a engendré des innovations majeures. Les ingénieurs et techniciens de la DCN ont du faire preuve d'imagination et d'audace tout en gardant à l'esprit une volonté de maîtrise des coûts.

Le mécano géant

L'apparition de moyens de manutention et de transport lourds a permis la mise en oeuvre de méthode de fabrication par anneaux. Le bâtiment est divisé en tranches qui sont, au niveau de la construction, autant d'entités élémentaires qui une fois assemblées formeront l'ensemble de la structure. La planification des travaux en est considérablement assoupli ; le travail dans une tranche n'est pas soumis à l'avancement des travaux dans une autre, d'où des gains de productivité substantiels. Les économies ainsi réalisées vont jusqu'à 30%. C'est cette méthode de construction qui est appliquée depuis de nombreuses années dans l'aéronautique.

Les "FLF" ne sont pas les premiers bâtiments de la Marine à bénéficier de cette technique puisque les Chantiers de l'Atlantique avaient déjà mis en oeuvre une démarche similaire lors de la construction des frégates de surveillance (type Floréal), mais jamais la conception modulaire n'avait été poussé à ce point jusqu'alors. Les anneaux des bâtiment ont ainsi été construit à Cherbourg, mais l'assemblage final a été réalisé à Lorient.

Dans la même logique, de nombreux équipements, principalement des systèmes d'armes, ont été construits à part. Ainsi la tourelle de 100mm forme un module (SA100) dont un certain nombre d'essais ont été effectués à part en atelier. Il ne restait plus qu'à insérer le bloc dans la plate-forme. Au dela des avantages lié à la construction, la maintenance s'en trouve grandement facilité. Une avarie grave sur un module peut conduire à son remplacement pur et simple, ce qui peut se faire en moins de 24h00 pour certains blocs. Mieux encore, les équipements modulaires peuvent être modifiés à volonté, le bâtiment pouvant être adapté en fonction de la menace. Ainsi, l'intégration d'un système de missiles anti-aérien en silo vertical ou la pose de moyens remorqués de détection anti-sous-marins pourra se faire dans des délais raisonnables.

Les résultats sont à la hauteur des efforts consentis : onze ans avant les FLF, il fallait trente mois en forme pour construire un bâtiment de cette taille. La frégate La Fayette, bâtiment tête de série, fut prêt en 18 mois, bien qu'elle n'ait profité que partiellement de l'application des nouvelles méthodes. Le Surcouf fit mieux : 12 mois. Il servit de modèle pour les autres bâtiments de la série, qui comporte comme lui onze anneaux et environ 70 modules. L'expérience aidant, le Courbet ira encore plus vite : 6 mois! Autant de record qui expliquent l'intérêt porté par de nombreux pays pour ce type de bâtiment. Deux versions exportation des frégates type La Fayette ont déja vu le jour.

D'après : Les frégates furtives La Fayette (Editions ADDIM 6, rue Saint Charles 75015 Paris)


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